06/05/2021 - Nos confrères publient

  • Garin de Monglane, chanson de geste du XIIIe siècle, édition critique par Bernard Guidot, Paris, Honoré Champion Éditeur, 2021, 1218 pages, 2 tomes (Classiques Français du Moyen Âge n° 194).

    Dans Garin de Monglane, nous avons affaire à une société fourmillante : artisans, hommes du peuple et couches populaires constituent une vaste fresque composite qui incarne diverses idéologies. Si la chanson contient nombre de massacres ignobles et terrifiants, le pittoresque du récit repose sur de séduisants contrastes et un véritable mélange des genres : parodies de références traditionnelles ; énormités titanesques et ironie ; associations entre monstruosité et délicatesse ; situations inédites qui pourraient être scabreuses ; extraits romanesques ; mises en scène aux accents fantastiques. La narration surprend tantôt par l’originalité, tantôt par l’artifice et le piment. Plus que par le passé, la vie intérieure des protagonistes est connue grâce aux analyses du narrateur, mais davantage par des monologues intérieurs aux caractéristiques variées. Malgré de regrettables longueurs, la chanson de Garin de Monglan est animée par un souffle nouveau qui n’est pas dénué d’attraits.